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CRM open source : ce que coûte vraiment l’auto-hébergement

Une licence gratuite ne fait pas un CRM gratuit : les postes de coût, les licences, ce que demande l’AGPL, et quand l’auto-hébergement a du sens.

Publié le 5 min de lecture

« Open source » répond à une question : pouvez-vous lire, faire tourner et modifier le code ? Il ne répond pas à celle qui compte pour une petite entreprise : combien ça coûtera de le faire tourner. La licence peut être gratuite. Tout le reste ne l’est pas.

Voici comment faire le vrai calcul avant de vous engager, sans chiffres inventés : les prix changent, et les vôtres dépendent de votre hébergeur.

Les cinq postes de coût

1. Le calcul. L’application doit tourner quelque part : un serveur virtuel, ou une plateforme serverless facturée à l’usage. Le CRM d’une petite équipe ne demande pas grand-chose, mais il doit répondre quand quelqu’un l’ouvre.

2. La base de données. Presque tous les CRM ont besoin d’une vraie base, et c’est la partie qu’on ne peut pas perdre. Une base managée coûte plus cher que la vôtre sur un serveur, et vous achète des sauvegardes et des mises à jour. Certaines bases serverless s’endorment au repos, ce qui aide pour un CRM que personne n’ouvre la nuit, à condition que l’application ne les réveille pas pour rien.

3. Des sauvegardes testées. Une sauvegarde jamais restaurée est un espoir. Prévoyez une heure pour en restaurer une ailleurs, et recommencez après chaque grosse mise à jour.

4. Les emails et les intégrations. Réinitialiser un mot de passe ou inviter quelqu’un demande un prestataire d’emails et un domaine vérifié. Synchroniser Gmail et Google Agenda demande votre propre client OAuth Google et, si vous connectez des comptes hors de votre organisation, la revue de l’application par Google.

5. Le temps de quelqu’un. C’est le poste qu’on oublie, et souvent le plus gros. Mises à jour de sécurité, montées de version, une migration qui échoue un vendredi. Mettez un nom en face. Si vous n’y arrivez pas, vous avez votre réponse.

Comment obtenir votre chiffre

Prenez la page de prix actuelle de votre hébergeur et notez ceci pour douze mois :

PosteComment l’estimer
CalculLa plus petite offre qui convient, ou le prix à l’usage pour un faible volume quotidien
Base de donnéesLe stockage de vos fiches et des sauvegardes ; vérifiez le prix des heures actives et au repos
EmailsLa plupart des prestataires ont une offre gratuite qui couvre les emails d’une petite équipe ; vérifiez ses limites
TempsHeures par mois × ce que vous coûte une heure de cette personne

Comparez ensuite avec le prix hébergé du même logiciel, ou d’un produit fermé que vous envisagez. Si le poste « temps » l’emporte, une version hébergée est sans doute la meilleure affaire, même plus chère au mois.

Toutes les licences ne se valent pas

« Open source » recouvre des accords très différents. Quelques CRM et leurs licences, telles qu’indiquées dans leurs dépôts lors de notre vérification du 6 novembre 2026 :

ProjetLicence
EspoCRMAGPL-3.0
SuiteCRMAGPL-3.0
TwentyAGPL-3.0 pour l’essentiel, avec certains fichiers sous licence commerciale
DolibarrGPL-3.0
OdooLGPL-3.0 pour le code de ce dépôt
KrayinMIT
SoldlyneAGPL-3.0

La question à se poser : pouvez-vous le faire tourner pour votre société avec tout ce qu’il vous faut, ou les fonctions que vous voulez sont-elles dans une édition payante ? Ce tableau ne le dit pas. La page de prix et le dépôt du projet, si.

Ce que l’AGPL vous demande

L'AGPL-3.0 est une licence copyleft écrite pour les logiciels utilisés par le réseau. Sa section 13 dit que si vous modifiez le programme, votre version doit offrir aux utilisateurs qui s’en servent à distance un moyen d’obtenir son code source.

En pratique, pour une petite entreprise :

  • Le faire tourner sans le modifier, pour votre équipe : rien de plus à faire.
  • Le modifier, pour les salariés de votre société : lisez la section 13 au regard de votre situation ; en cas de doute, demandez à un juriste, car ceci n’est pas un conseil juridique.
  • Proposer une version modifiée à des clients par le réseau : publiez vos modifications sous la même licence.

Quand l’auto-hébergement a du sens

Il a plutôt du sens quand :

  • quelqu’un dans l’équipe s’occupe déjà de serveurs, et verrait celui-ci tomber ;
  • vous avez une raison de maîtriser où sont les données et quels contrats les couvrent ;
  • vous voulez modifier le code, ou au moins savoir que vous le pourriez.

Il n’en a pas quand personne n’en a la charge. Un CRM non maintenu avec des données clients est un risque, quel qu’ait été son prix d’installation.

Une courte liste avant de décider

  1. Qui applique les mises à jour, et comment apprend-il l’existence d’un correctif de sécurité ?
  2. Pouvez-vous restaurer la sauvegarde d’hier ailleurs, aujourd’hui ?
  3. Que se passe-t-il si cette personne s’en va ?
  4. Le rôle de base de données utilisé par l’application contourne-t-il vos contrôles d’accès ? Sur Soldlyne, par exemple, un superutilisateur Postgres voit toutes les lignes s’il ne prend pas le rôle restreint de l’application : à vérifier auprès de votre hébergeur.
  5. Pouvez-vous partir ? Exportez les données, et ouvrez-les avec autre chose.

Si vous pouvez répondre aux cinq, l’auto-hébergement est une vraie option. La page d’installation de Soldlyne dit ce qu’il lui faut, et sa page de tarifs dit clairement que les offres hébergées ne sont pas encore fixées.

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